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Editorial du mois d'Avril 2007

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Chaque jour, des courriels en provenance d’Afrique ou d’Asie sollicitent des millions d’internautes à jouer les intermédiaires sur des fonds de plusieurs millions de dollars. Ces arnaques débutent dès que la victime, au cours d’un processus long et particulièrement bien construit, verse des commissions et des frais administratifs dans l’espoir de récupérer des sommes fabuleuses.Ces escroqueries, baptisées « arnaques nigérianes » en raison de leur origine historique, représentent aujourd’hui des pertes annuelles colossales pour l’économie mondiale, s’élevant à 4 milliards de dollars en 2006. Par ailleurs, ce type d’arnaque s’est largement intensifié ces derniers mois : les victimes se comptent donc par milliers et, en France tout particulièrement, le CERT-LEXSI estime les pertes à près de 200 millions d’euros chaque année.Les arnaques de ce type fonctionnent grâce à des mises en scène extrêmement personnalisées:Le fraudeur établit dans un premier temps un contact direct avec sa victime (par courriel généralement), personne physique ou entreprise. Commence dès lors le scénario de la fraude, soutenu par des documents officiels falsifiés (chèques bancaires, certificats, documents d’identité…) et joué parfois par plusieurs acteurs complices du fraudeur.Pour crédibiliser le scénario, les fraudeurs mettent en place de faux sites bancaires qui usurpent l’identité d’établissements bancaires internationaux. Ces derniers sont destinés à faire croire à leur victime que l’argent promis existe réellement. La quasi-totalité des banques françaises ont déjà subi de telles usurpations. Un escroc peut espérer gagner, en cas de succès, une moyenne de 250.000 € par victime piégée.Or ces réseaux d’arnaques organisées peuvent être liés à des motivations politiques : à savoir que près d’un quart d’entre eux financent directement la rébellion nigériane ainsi que divers trafics d’armes en Afrique, et notamment au Tchad. Des arrestations récentes ont également mis en évidence l’existence de flux financiers entre ces milieux criminels et le financement de réseaux djihadistes.Aussi, ce type de criminalité déployé sur la Toile semble largement sous-estimé, et il faut appeler l’attention des pouvoirs publics et des entreprises pour sensibiliser bien davantage les « nouveaux » utilisateurs d’Internet face à ces arnaques élaborées et dévastatrices.

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